Marque d'acceptation
Contre l'expulsion de Wiphaporn et son mari
Mémo solidarité Pétition
>> Mémo en concert, voir toutes les vidéos Sur ScèneDepuis toi en vente en ligne
iciPour la régularisation de Wiphaporn SEEHABUTTO et de son époux Un couple de Thaïlandais roubaisiens menacés d'expulsion Wiphaporn et Somjit Seehabutto sont en France depuis 1994. Bien intégré, ce couple thaïlandais s'est pourtant vu refuser l'obtention d'un titre de séjour. Serge Casado, manager du groupe roubaisien Mémo et Alexandre D'Andrea, leurs parrains républicains se battent à leur côté pour que Wiphaporn et son mari puissent vivre en France en toute légalité. Wiphaporn et Somjit Seehabutto, couple thaïlandais de Roubaix, sont menacés d'expulsion du territoire français. En France depuis 16 ans, ils se sont vus refuser leur demande de titre de séjour en octobre dernier. Mais ils ne baissent pas les bras. « Je veux payer des impôts en France, je suis attachée à ce pays », explique Wiphaporn dans un français timide. Les associations se mobilisent à leur côté pour les aider. Le 14 juillet dernier, Serge Casado, producteur et manager du groupe roubaisien Mémo et Alexandre D'Andrea, adjoint au maire de Méricourt, deviennent leurs « parrains républicains ». Les deux hommes prennent leur rôle à coeur. « En cas de problème, Wiphaporn et son mari peuvent nous contacter à n'importe quel moment », assure l'adjoint au maire de Méricourt. Ils les aident aussi dans leur démarche administrative. En ce moment, Serge et Alexandre s'attellent à rassembler toutes les preuves de la présence du couple sur le territoire français depuis 16 ans. « Une carte d'abonnement de transports en commun, le bilan d'une visite médicale, des témoignages sont des documents qui peuvent servir pour appuyer notre demande », indique Serge Casado. Arrivé à Paris avec un visa touristique, le couple ignorait comment obtenir des papiers. Il n'a donc pas pensé à garder toutes les traces de sa présence en métropole. C'est en 1994 que Wiphaporn et Somjit débarquent en France. « Nous avons tout perdu en Thaïlande, il fallait trouver de l'argent pour rembourser nos crédits », raconte la jeune femme. La seule solution qu'ils voient est la France réputée être une « terre d'accueil ». La soeur de la jeune femme y vit depuis plusieurs années et y a obtenu des papiers. Pleins d'espoir, ils arrivent à Paris mais déchantent rapidement. Aucun moyen de joindre cette soeur, ils sont donc hébergés par des amis, trimballés de maison en maison pendant six ans. « Grâce à la solidarité des Français, j'ai toujours pu dormir quelque part, je ne me suis jamais retrouvée à la rue », explique la jeune femme. Sans adresse fixe, Somjit et Wiphaporn ne peuvent pas demander de titre de séjour. La vie est donc loin d'être simple. La seule manière de gagner de l'argent est le travail non déclaré. Couturière de formation, Wiphaporn intègre donc un atelier de couture clandestin. « Je cousais des pantalons pour quelques centaines d'euros par mois, dix heures par jour », dans des conditions de travail pénibles. En 2005, par l'intermédiaire d'amis thaïlandais, le couple retrouve la soeur de la jeune femme. Cette dernière habite Roubaix et propose de les loger. Wiphaporn et son mari viennent donc vivre dans le Nord. Leur situation évolue doucement, le couple entre en contact avec des associations comme la Solidarité de Roubaix où Wiphaporn devient bénévole. Elle apprend le français grâce à la compagnie de théâtre de l'Opprimé. Mais c'est toujours avec cette même peur au ventre qu'elle vit. « Quand je sors, je crains de rencontrer la police. » Elle doit ruser. « Je ne sors jamais le matin, les policiers sont plus nombreux dans les rues. L'après-midi, je mets le nez dehors car je ne peux pas rester enferméecontinuellement. » Mais la jeune femme ne se plaint pas. « C'est toujours moins difficile ici qu'en Thaïlande. » Elle y a d'ailleurs laissé ses deux filles âgées de 16 et 18 ans. « Nous n'avons pas assez d'argent pour qu'elles viennent nous rejoindre, regrette la jeune femme, mais je leur téléphone régulièrement. » Pour Serge Casado, « le couple est bien intégré, la France ne peut rien leur reprocher, même pas une amende de métro ! Et Wiphaporn a une promesse d'embauche. » Une entreprise de fabrication de vêtements pour femme et enfant est prête à l'engager. Le patron n'attend plus que le feu vert de la Direction départementale du travail qui, jusqu'à présent, bloque le dossier. Serge Casado et le groupe Mémo ont lancé une pétition pour la régularisation de Wiphaporn et Somjit, avec laquelle ils espèrent pouvoir obtenir le soutien des élus de Roubaix. HÉLÈNE GRAFFEUILLE (CLP) - La Voix du Nord 7 août 2010